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Napoleon Hill and positive thinking: what holds up, what is myth

Les secrets de la pensée positive de Napoleon Hill reposent sur une idée en partie solide et sur beaucoup de légendes. La recherche soutient l’intérêt de viser un but en anticipant les obstacles, mais la rencontre avec Andrew Carnegie reste invérifiable et les affirmations répétées peuvent se retourner contre certains.

À retenir

Que dit vraiment Napoleon Hill sur la pensée positive ?

Napoleon Hill défend l’idée qu’un désir précis, nourri par la foi et l’action, conduit à la réussite. Il est né le 26 octobre 1883 à Pound (Virginie) et mort le 8 novembre 1970 à Greenville (Caroline du Sud), à 87 ans.

Son livre le plus célèbre, Think and Grow Rich, paraît en 1937 chez The Ralston Society, en pleine Grande Dépression. Il est crédité à Hill et à Rosa Lee Beeland, qui a contribué substantiellement à l’écriture et à l’édition. Il condense The Law of Success (1928), un ouvrage en plusieurs volumes qui prétendait s’appuyer sur plus de vingt ans d’étude de personnes riches.

Le livre est présenté comme « 13 étapes vers la richesse » : désir, foi, autosuggestion, imagination, planification organisée, persévérance, Master Mind (un petit groupe d’entraide), esprit subconscient… Le décompte exact varie selon les listes.

L’étiquette « pensée positive » vient surtout de la suite. Hill a enseigné son cours « Philosophy of Personal Achievement » avec W. Clement Stone, dirigeant de Combined Insurance, de 1952 à 1962. Les deux hommes ont coécrit Success Through a Positive Mental Attitude, daté de 1959 ou de 1960 selon les passages.

Ce qui relève du mythe

Le mythe le plus répandu est celui de la mission confiée par Andrew Carnegie, mais plusieurs autres récits fondateurs ne résistent pas non plus à la vérification. Les historiens pensent que Hill a inventé plusieurs histoires de ses livres.

La rencontre avec Carnegie

Hill affirmait que sa rencontre avec l’industriel Andrew Carnegie, en 1908, avait lancé sa carrière. Aucune preuve ne soutient cette collaboration. Hill n’a revendiqué cette rencontre qu’après la mort de Carnegie en 1919, et les seuls récits viennent de ses propres écrits.

Le biographe de Carnegie, David Nasaw, déclare n’avoir trouvé « aucune preuve d’aucune sorte » d’une rencontre. Selon EBSCO, les historiens y voient un procédé pour promouvoir les écrits ultérieurs de Hill.

Les interviews de célébrités et le titre d’avocat

Hill disait avoir interrogé de nombreuses figures célèbres. Sa seule rencontre documentée est une brève séance photo avec Thomas Edison, et les historiens doutent aussi qu’il ait été avocat. EBSCO note que beaucoup de ses affirmations et de ses liens présumés avec des personnalités n’ont pas été vérifiés.

Un parcours judiciaire chargé avant 1937

Avant Think and Grow Rich, Hill a eu plusieurs démêlés avec la justice. La Acree-Hill Lumber Company fait faillite en 1908 et fait l’objet d’accusations de fraude postale. Viennent ensuite des mandats d’arrêt en Illinois (juin 1918), une accusation de publicité frauduleuse par la Federal Trade Commission (1919) et une école par correspondance pour détenus dénoncée comme escroquerie (1923).

En 1908, il est aussi arrêté pour altération de chèques, puis acquitté. Son Automobile College of Washington (1909) est exposé comme une escroquerie en 1912. Ces faits n’invalident pas une idée en soi, mais ils invitent à lire ses récits d’origine avec prudence.

Les chiffres de vente

Les biographes de Hill avancent 20 millions d’exemplaires vendus en 50 ans. L’historien Richard Lingeman juge le chiffre considérablement inférieur. Ce qui est établi : le livre est resté l’un des ouvrages de développement personnel les plus vendus jusqu’aux années 2010.

Un mythe voisin : la « célèbre étude de Yale »

On cite souvent une étude où 3 % des diplômés de Yale de 1953, dotés d’objectifs écrits, seraient devenus plus riches que les 97 % restants. La bibliothèque de Yale conclut qu’aucune étude de ce type n’a eu lieu. L’affirmation vient d’un article de Success de septembre 1991, qui s’appuyait sur une cassette de Zig Ziglar sans source concrète.

Ce qui tient : viser un but en anticipant les obstacles

Une partie de l’intuition de Hill est étayée : un but précis aide, à condition d’y associer les difficultés prévisibles. Cette méthode s’appelle le contraste mental : imaginer l’objectif atteint, puis les obstacles réels qui s’en séparent.

Une méta-analyse de 2019 de Cross et Sheffield porte sur le contraste mental appliqué aux comportements de santé. L’effet est petit à modéré : g de Hedges = 0,28 jusqu’à 4 semaines (1 528 participants) et g = 0,38 jusqu’à 3 mois (5 études). Le g de Hedges mesure la taille d’un effet ; autour de 0,2 il est faible, autour de 0,5 modéré. Les résultats concernent la santé, pas la richesse, et le recul à trois mois repose sur peu d’études.

Les expériences de Kappes et Oettingen (2011) vont dans le même sens. Dans quatre expériences, les participants induits à fantasmer positivement leur avenir avaient moins d’énergie, mesurée physiologiquement et comportementalement, que ceux qui imaginaient un avenir remis en question, négatif ou neutre. Dans l’une d’elles, ceux qui fantasmaient positivement leur semaine avaient atteint moins d’objectifs une semaine plus tard que le groupe témoin. Selon les auteurs, ces fantasmes « font paraître l’énergie inutile », alors que des scénarios incluant obstacles et revers mobilisent mieux.

Quand la pensée positive se retourne contre vous

Les affirmations positives ne fonctionnent pas pour tout le monde, et peuvent même nuire à ceux qui en ont le plus besoin. Hill recommande l’autosuggestion, c’est-à-dire se répéter des phrases pour s’en convaincre.

Dans une étude de Wood, Perunovic et Lee (2009), les personnes à faible estime de soi qui répétaient « I am a lovable person » (« Je suis quelqu’un d’aimable ») se sentaient moins bien ensuite. Chez celles à forte estime de soi, le bénéfice était seulement léger. Dans une étude de suivi, laisser les personnes à faible estime de soi lister aussi leurs pensées négatives améliorait davantage leur humeur que de leur demander de se concentrer sur le positif.

Le courant qui a suivi n’a pas échappé aux critiques. The Power of Positive Thinking de Norman Vincent Peale, paru en octobre 1952 et resté 186 semaines sur la liste des best-sellers du New York Times, a été jugé reposer sur des anecdotes invérifiables. Albert Ellis (1985) a mis en garde contre le risque d’échec et de désillusion, et Martin Seligman (2002) a critiqué un optimisme déconnecté des faits. EBSCO rattache les idées de Hill à cette lignée, jusqu’à The Secret de Rhonda Byrne (2006).

Hill, idée par idée : ce qui tient et ce qui ne tient pas

Idée ou récit Verdict Ce que disent les sources
Se fixer un but précis et anticiper les obstacles Soutenu, effet modeste g = 0,28 à 4 semaines sur des comportements de santé
Imaginer uniquement la réussite Contredit Moins d’énergie et moins d’objectifs atteints
Répéter des affirmations positives Mitigé Peut nuire à ceux dont l’estime de soi est faible
Mission confiée par Carnegie en 1908 Mythe Aucune preuve d’une rencontre

Que garder de Hill en pratique ?

Gardez de Hill le but précis et l’action quotidienne, et laissez de côté les récits d’origine et l’autopersuasion à sens unique. Voici une méthode inspirée du contraste mental, à adapter.

  1. Écrivez un objectif concret avec une date. Exemple : « courir 5 km sans m’arrêter avant fin décembre ».
  2. Imaginez-vous l’avoir atteint pendant quelques instants, sans vous y attarder.
  3. Listez les obstacles probables. Exemple : la fatigue après le travail, la nuit qui tombe tôt.
  4. Prévoyez une réponse à chacun : « si je suis trop fatigué le soir, alors je cours à la pause déjeuner ».
  5. Fixez un minimum quotidien réalisable même les mauvais jours (dix minutes), puis faites une revue de dix minutes chaque semaine.

Si vous utilisez des affirmations, privilégiez des formulations réalistes qui renvoient à une action (« aujourd’hui, je termine le premier paragraphe ») plutôt qu’à un trait de caractère flatteur. Si elles vous mettent mal à l’aise, c’est un signal à écouter.

Questions fréquentes

Napoleon Hill a-t-il écrit seul Think and Grow Rich ?

Non. Le livre de 1937 est crédité à Hill et à Rosa Lee Beeland, qui a contribué substantiellement à l’écriture et à l’édition. Hill et Beeland ont divorcé en 1940.

Combien d’étapes compte Think and Grow Rich ?

Le livre est présenté comme « 13 étapes vers la richesse », mais le décompte varie selon les listes, certaines comptant 15 éléments, dont le désir, la foi, l’autosuggestion et le Master Mind.

Quelle différence entre Napoleon Hill et Norman Vincent Peale ?

Hill met l’accent sur le désir, la planification et le groupe d’entraide. Peale publie The Power of Positive Thinking en 1952, centré sur la foi et la confiance. EBSCO place les deux dans la même lignée.

Azzedine Guettouche
Azzedine Guettouchehttps://haut-hisse.com/
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